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PLAYBACK DESIGNS IPS-3

 

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FOSTEX HP-A8

AYON S-5

CHORD QUTE EX

NAGRA HD DAC

 

 

AMPLI INTEGRE/DAC

PLAYBACK DESIGNS IPS-3

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Les lecteurs de CD et de SACD du constructeur américain nous avaient littéralement emballés. Nous attendions avec beaucoup d’impatience cet intégré IPS-3 qui embarque un DAC conçu par Andreas Koch, une référence mondiale en matière de traitement numérique, et une section analogique développée par un spécialiste allemand.

Ce nouvel intégré IPS-3 est en fait un appareil trois-en-un. Il embarque au sein d’un même châssis un convertisseur de haute technologie élaboré par un des pères du standard DSD, un préamplificateur et un amplificateur de puissance en provenance d’Allemagne. Ces deux circuits analogiques ont été mis au point par la société Finitus qui collabore étroitement avec Playback Designs notamment au niveau de tous les étages analogiques de sortie des lecteurs et des convertisseurs de la marque. Le développement chez Finitus a été conduit par Bert Gerlach.

La touche Playback

L’air de famille avec un lecteur MPS ou un convertisseur MPD du fabricant est évident quand on découvre l’IPS-3. Normal, le constructeur a voulu créer une identité visuelle entre tous ses produits et a donc repris le même châssis pour y loger cet intégré. À ce propos, IPS signifie Integrated Playback Solution, le 3 symbolisant les trois sections électroniques DAC, préampli et bloc stéréo de puissance. Un berceau en aluminium sert de réceptacle aux différents composants. Il est encadré et recouvert de plaques d’aluminium massif brossé et anodisé qui sont soit fixées entre elles par vissage sur des équerres d’encoignure pour les flancs et la face avant galbés et très finement ondulés, soit glissées dans les trois autres pour le capot ajouré. Cette dernière est pourvue d’une fenêtre centrale à diodes LED rouges qui informe sur l’état courant de fonctionnement. Cinq touches à impulsion placées sur le bord supérieur permettent entre autres le réglage du volume, la mise en sourdine et la sélection des sources. Une superbe télécommande Playback Designs en boîtier aluminium duplique toutes ces fonctions. L’arrière offre une connectique complète avec deux entrées analogiques RCA et XLR, trois entrées numériques dont une USB très performante et deux fiches haut-parleurs Cardas CPBP (Cardas Patented Binding Post) à serrage par molette. L’ensemble repose sur trois pieds cylindriques à semelle, pieds qu’on aurait aimés un peu plus épais (attention aux doigts quand on pose l’appareil…). Hormis les deux petits circuits imprimés de gestion des commandes de la face avant et montés au dos de celle-ci, tous les étages sont dispatchés sur cinq cartes en époxy, à savoir une carte DAC montée surélevée sur des entretoises, une carte de préamplification analogique, deux cartes d’amplification mono (gauche et droite) et une carte d’alimentation. Un énorme transformateur torique de 800 VA produit toutes les tensions nécessaires. Ces tensions sont ensuite redressées, filtrées et régulées par type de signal. On note notamment dix condensateurs de 6 800 µF en filtrage des étages de puissance. Le cœur de la carte DAC est un module capoté AK Design conçu pour cet appareil, les deux entrées S/PDIF et AES/EBU attaquent chacune un transformateur d’isolement, l’entrée USB est gérée par une interface à haut débit Cypress EZ-USB SX2. Tous les transistors drivers et de puissance sont montés sur des dissipateurs massifs à ailettes, l’étage de sortie push-pull est constitué d’une double paire complémentaire bipolaire sur chaque canal.

Des circuits originaux

Une attention de tous les instants a été portée à différents endroits des circuits pour garantir un fonctionnement silencieux et une fiabilité à toute épreuve. L’alimentation utilise par exemple des redresseurs à diodes Schottky, réputées silencieuses grâce à leur recouvrement très court et sans oscillation. Elle intègre une protection qui détecte le moindre problème (surtension par exemple). Par ailleurs, il y a une temporisation à la mise sous tension qui permet aux condensateurs de se charger avant d’appliquer les tensions aux circuits. L’appareil peut s’éteindre sans aucun danger pendant une écoute à fond de volume. Il se rallumera systématiquement avec le volume automatiquement réduit au minimum. L’étage de sortie travaille en classe B revue et corrigée par Finitus. Ce n’est pas de la classe B traditionnelle (chaque transistor du push-pull de sortie n’amplifie qu’une alternance du signal), mais elle en reprend les avantages principaux tout en gommant les inconvénients (distorsion de croisement notamment). Les deux bras du push-pull sont parfaitement synchronisés et leur fonctionnement plus linéaire grâce à une charge active qui réduit la distorsion et étend la bande passante.La partie audio est également équipée d’un certain nombre de protections, mais celles-ci n’ont aucune influence sur la qualité audio car elles sont optocouplées. Par exemple, l’appareil est protégé contre l’écrêtage en sortie lié à une différence entre le niveau de signal audio et la tension réelle en sortie d’alimentation. On ne risque pas d’envoyer de courant continu dans les haut-parleurs. La polarisation des transistors est compensée très rapidement au millivolt près en fonction des variations de température des composants. On note également une protection contre les surcharges en sortie. Quant au DAC, il est entièrement réalisé en composants discrets. Son architecture est capable d’accepter n’importe quel format PCM et DSD à venir ou n’importe quel algorithme de conversion grâce à la possibilité de faire évoluer le firmware interne en envoyant un fichier spécifique depuis un ordinateur via l’entrée USB.

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Fabrication et écoute

Construction : Dès sa première réalisation, le fabricant américain a adopté une esthétique spécifique à base de plaques d’aluminium profilées, c’est désormais sa signature visuelle. La qualité du matériau est superbe. L’implantation interne fait preuve de cohérence et d’optimisation au niveau du trajet des signaux, le câblage est systématiquement torsadé et emprunte des chemins différents en fonction du type de signal. La mise sous blindage de la carte DAC anéantit tout risque d’interférence avec le reste des circuits.

Composants : Le développement d’une interface USB spécialement pour cet intégré donne la mesure de l’implication du constructeur, grand spécialiste du numérique, dans son projet. Son humilité est tout aussi remarquable puisqu’il a travaillé avec une société allemande pour la conception de toute la partie analogique dont un étage de puissance basée sur une classe d’amplification quasiment jamais utilisée en audio. La grande quantité de composants discrets mis en œuvre, qu’il s’agisse des amplis comme du DAC, participe à n’en pas douter aux résultats sonores ressentis.

Grave : Après une petite période de mise en température, le IPS-3 surprend par la solidité, par la consistance et par la matière du registre de grave qu’il reproduit. C’est inhabituel et très sincèrement ça ne ressemble à rien ou presque de ce que nous avons entendu jusqu’à maintenant. L’impression est que les notes du registre sont plus modulées, avec une répartition dynamique supérieure. Sur les frappes de boule sur la grosse caisse par exemple (piste « Animal » du CD Sarbacane de Francis Cabrel), on perçoit la pointe de modulation à l’impact suivie d’une légère retombée de niveau. C’est très court dans le temps mais on ressent à cet instant précis la déformation de la peau de la caisse. L’extrême grave un poil court est largement compensé par une articulation remarquable.

Médium : On retrouve sur ce critère les notions de matière, de texture, de densité notées auparavant, et ça donne une tout autre allure au message restitué. En fait, chaque note reproduite semble plus incarnée qu’avec n’importe quel autre amplificateur à transistors que nous avons pu tester au magazine. Mieux encore, c’est cette répartition modulatoire et harmonique si juste qui interpelle, car on ressent beaucoup plus de réalisme et d’authenticité dans ce qu’on entend. Les notes se distillent naturellement avec plus de volume, plus d’holographie, avec de superbes couleurs et surtout sans cette luminosité très artificielle du transistor qui bluffe l’auditeur.

Aigu : L’intégré se pose comme une sorte de paradoxe de l’amplification à transistors. Nous nous plaignons souvent du côté ultra-piqué et de l’hyper transparence des réalisations semi-conductrices (pas toutes mais elles sont néanmoins très nombreuses…) qui n’ont absolument rien à voir avec la réalité. Aux cours de nos tests, seules quelques rares réalisations ont évité le piège, et une poignée d’entre elles a finalement atteint cette étape de notre analyse critère par critère. L’IPS-3 est de ceux-là, et il surprend encore par la matière et les détails qu’il restitue dans cette partie du spectre, par le naturel et la variété tonale dispensées.

Dynamique : L’appareil n’est absolument pas gêné par les demandes en courant émanant d’une écoute à niveau élevée ou d’un message complexe à forte teneur en transitoires. La sensation d’énergie est là, ça pousse bien même si nous avons déjà écouté et testé plus percutant encore. L’analyse des microdétails et des pianissimo est néanmoins magnifique avec une déclinaison d’amplitude des harmoniques particulièrement réaliste.

Attaque de note : Les premières minutes d’écoute de l’IPS-3 (à bonne température) nous ont quelque peu déstabilisés. Certes nous nous attendions à une écoute de qualité mais un peu typée transistor, mais en réalité il s’est passé tout autre chose. Nous avons été saisis par la véracité des timbres et la densité harmonique, qui rappellent plus la triode que le bipolaire de puissance, mêlées à la rapidité et à la rigueur du silicium. Les attaques sont vivaces et participent à l’éventail harmonique étendu. La lisibilité des partitions complexes est remarquable.

Scène sonore : La scène sonore proposée par le Playback Designs va un cran plus loin en termes de véracité et de ressenti que la plupart des électroniques à transistors testées à ce jour. L’ouverture de la piste « Gotcha » (CD live A Fortnight in France par Patricia Barber) gagne en ampleur générale avec une répartition plus plausible du public qui se répartit en largeur et en profondeur avec plus d’aisance, plus d’aération. L’effet 3D est supérieur. L’étagement net et précis des plans permet de visualiser avec sérénité chaque interprète sur scène.

Transparence : Les différentes écoutes effectuées montrent et démontrent que l’IPS-3 est un redoutable appareil en termes de neutralité et de naturel. Curieusement la réponse en fréquences donne l’impression que les extrêmes sont courts. Mais ne serait-ce pas justement le secret de l’équilibre tonal qui, lui, est absolument impeccable ? En revanche, une chose est certaine, cet intégré ne verse jamais dans la surenchère ou dans le spectaculaire, le socle de sa restitution est basée sur la juste approche.

Rapport qualité/prix : Quand on y regarde de plus près, il ne suffit que d’une excellente paire d’enceintes acoustiques pour créer avec cet IPS-3 un système de grande envergure sonore. Un câble USB, un câble secteur, une paire de câbles haut-parleurs, et l’appareil est prêt à recevoir le signal HD dématérialisé d’un ordinateur. Vu sous cet angle pragmatique qui réduit les accessoires périphériques au minimum, et malgré un prix justifié mais élevé dans l’absolu, l’IPS-3 reste raisonnable en termes de prix d’achat.

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Verdict

Le Playback Designs IPS-3 nous a conquis, nous dirons même qu’il se place sans forcer dans le Top 10 de nos intégrés préférés. La conception basée sur le savoir-faire de vrais spécialistes dans leurs domaines respectifs a donné naissance à une alchimie sonore étonnante et particulièrement envoûtante. La palette qualitative est assurément large, mais c’est notamment en termes de véracité et de texture que l’IPS-3 creuse l’écart avec la concurrence. Intense Plaisir Sonore.

Fiche technique

Origine : États-Unis
Prix : 13 800 euros
Dimensions :
440 x 98 x 417 (châssis) mm
Poids : n.c.
Puissance nominale :
2 x 130 W (8 ohms)
et 2 x 260 W (4 ohms)
en classe B optimisée
Entrées analogiques :
2 RCA (ligne), 1 XLR (ligne)
Entrées numériques :
1 USB (PCM 24/384 et DSD 6,1 MHz),
1 RCA S/PDIF
et 1 AES/EBU (PCM 24/192 et DSD),
1 optique Playback Link
Sorties :
2 HP, 1 optique Playback Link